Travailleuses et travailleurs de l’ombre en colère : arrêt de travail à Ixelles ce 23 juin.
Réunis en assemblée générale le 17 juin dernier, les travailleurs et travailleuses du secteur du nettoyage et des cantines de la commune d’Ixelles ont exposé leurs difficultés et décidé de mener des actions. Un premier arrêt de travail est prévu ce lundi 23 juin, lors duquel leur cahier de revendications sera remis à leur employeur.
L’assemblée générale du personnel a été un véritable succès et a rassemblé plus de 90 techniciennes et techniciens de surface. Lors de cette rencontre, un nombre important de problèmes récurrents a été soulevé par le personnel, et il est vite apparu que la situation n’a fait que se dégrader au cours des dernières années.
Fort de ces témoignages et de la détermination du personnel, le front commun syndical a décidé d’établir un cahier de revendications qui sera remis au bourgmestre ce lundi à 13h, en marge d’un arrêt de travail du personnel communal de nettoyage et de cantine. Le personnel des cantines, qui rencontre les mêmes difficultés et est limité à un horaire à mi-temps, a en effet décidé de se joindre au mouvement.
Les principales revendications du personnel sont :
1. Revalorisation barémique : le personnel de nettoyage et des cantines est engagé dans le barème de niveau E et sous contrat à temps partiel. Ces conditions les placent à la limite du seuil de pauvreté1. Le front commun rappelle que ce barème n’existe pas dans les autres niveaux de pouvoirs et milite depuis de nombreuses années pour une revalorisation de ces fonctions, occupées quasi exclusivement par des femmes
2. Carrière bloquée : absence totale de possibilités d’évolution ou de formation, empêchant le développement des compétences et toute mobilité vers d‘autres fonctions, par exemple pour effectuer un travail moins pénible en fin de carrière
3. Absence de nomination : malgré l’organisation d’examens, tous les lauréats n’ont pas été nommés, alors qu’ils sont parfois en poste depuis plusieurs années. Cette situation impacte très fortement leur pension, et pourrait encore empirer avec les mesures prises par l’Arizona
4. Surcharge de travail, due notamment à la mauvaise répartition des tâches menant à des surcharges de travail dans certains bâtiments
5. Matériel manquant suite à des ruptures fréquentes de marchés publics, ce qui provoque l’absence d’approvisionnement du matériel, des vêtements de travail et des équipements de protection, ce qui rend le travail plus pénible et dangereux. Certains agents ont indiqué devoir acheter eux-mêmes leur équipement de travail (notamment les gants), ce qui est inacceptable et contraire au Code du bien-être au travail
6. Locaux sociaux indignes, en fonction des bâtiments, ces locaux sont vétustes, parfois insalubres. Des douches sont rarement présentes et généralement il n’y a pas de vestiaires séparés par genre, en infraction avec la législation sur le bien-être au travail
Le cahier de revendications complet sera remis lundi à l’employeur. Le front commun syndical
espère entamer des négociations constructives pour améliorer les conditions de travail d’un
personnel précarisé, mais essentiel au fonctionnement des services communaux.



