Motion du Congrès CGSP ALR Bruxelles 26/4/2024
L’exploitation acharnée des ressources naturelles dans plusieurs pays du Sud et notamment d’Afrique conjuguée aux dictatures et à la répression politique, la recrudescence des guerres et des conflits armés dans plusieurs points du globe, les conséquences macroscopiques des changements climatiques qui créent des sécheresses et multiplient les phénomènes désastreux, l’aggravation de la pauvreté due à une mal-gouvernance dont les institutions financières internationales sont complices, bref toutes ces causes socio-économiques, politiques et climatiques, poussent des milliers de personnes à quitter leur pays et à se jeter sur les routes mortelles de l’exil, avec l’espoir de mieux survivre ailleurs. Ce n’est pas une décision aisée de leur part mais les contraintes du moment en décident.
D’autre part, il se trouve que les divers conflits armés sont souvent générés ou du moins entretenus par les dirigeants occidentaux dans la perspective du contrôle des ressources naturelles, donc de la richesse des autres. Les guerres et les marasmes économiques sont la conséquence des politiques néolibérales au niveau mondial, de la recherche effrénée du profit, des accords de partenariat économique totalement inéquitables et à géométrie variable, de l’imposition des politiques d’ajustement structurel avec un important impact sur les services au public. Les secteurs de la santé, de l’éducation, de la culture sont ainsi les plus impactés.
La Belgique accueille de nos jours environ 100 000 migrantes et migrants. Un nombre très faible, car les pays du sud payent le lourd tribut en matière d’accueil de migrants. En effet, c’est une très faible minorité qui arrive en Europe, en raison du coût ou de la dangerosité du périple. Dans leur très grande majorité, les migrantes et les migrants s’arrêtent dans les pays voisins de leur pays d’origine, donc dans les pays du Sud.
Malgré cette responsabilité dans la situation globale des peuples dont les migrantes et les migrants sont majoritairement issus, l’UE et Frontex imposent à leurs États membres des mesures drastiques en matière d’accueil des migrantes et des migrants. Nous refusons tout marchandage sur le dos de nos frères et sœurs d’exil. Notre pays la Belgique est un bon élève en la matière et les derniers gouvernements Charles Michel et aujourd’hui Alexander De Croo sont la parfaite illustration d’une politique déshumanisante en matière d’accueil des migrantes et des migrants.
Parce que ces migrantes et ces migrants sont des Humains, qui ont une identité même s’ils n’ont pas de documents légaux en Europe,
Parce qu’elles et ils ont droit à la dignité et à la vie,
Parce qu’elles et ils sont aussi des travailleuses et des travailleurs très souvent abusivement exploités,
Nous travailleuses et travailleurs et militantes et militants syndicaux de la CGSP ALR réunis en Congrès Statutaire exigeons :
- L’affiliation et l’organisation des personnes sans-papiers par la FGTB Bruxelles dans une optique de défense de leurs droits.
- L’humanisation de la politique d’accueil.
- L’augmentation des investissements dans les politiques d’emploi et les politiques sociales.
- La régularisation (octroi des droits civils et politiques) de tous les migrantes et les migrants.
- L’octroi de permis de travail à tous les migrantes et les migrants.
- L’arrêt du délit et du contrôle au faciès dont les migrantes et les migrants sont particulièrement victimes.
Nous demandons à nos instances exécutives de relayer ces demandes à chaque niveau de notre organisation syndicale (CGSP et FGTB) et de nous communiquer leur position sur ce sujet.
Travailleuses et travailleurs avec ou sans papiers, avec ou sans emploi, ensemble dans le combat !
Bruxelles,
Le 26 avril 2024



